Lettre de nouvelles, Juillet 2016

Chers amis,

Quelques mois depuis les dernières nouvelles! J’espère que vous allez tous bien et me réjouis de partager les nombreux évènements qui sont survenus ici ces derniers mois.

2016-juillet-1Début avril, juste avant le nouvel-an cambodgien, un immense incendie a complètement détruit le marché de Stung Treng. D’origine criminelle, cet incendie a laissé de nombreux commerçants complètement ruinés. D’habitude les commerçants empruntent pour acheter des marchandises et bien sûr maintenant, pour ces personnes-là, il ne reste que la dette ! Un nouveau marché est en voie de construction.

 

 

Lorsque notre première école de disciples se terminait fin février, cinq élèves ont souhaité continuer l’aventure avec Vaung, Davy et moi-même. Ils ont suivi le cours pour devenir membres du personnel et ce fut un cheminement merveilleux pour eux comme pour nous.

2016-juillet-2Une écoute active, la résolution des conflits, comment réagir dans la confrontation, la guérison dans la prière étaient quelques-uns des sujets dont nous avons parlé.

Rapidement nous avons vu une étonnante croissance spirituelle se développer. Ces 5 garçons étaient toujours prêts à aider, toujours volontaires pour les différentes tâches que nous voulions leur confier. Ils ont partagé leurs craintes de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir et ensemble nous avons parcouru la route du dialogue et du partage. L’année passée, ils étaient nos étudiants, maintenant ils sont nos collègues et c’est une joie continuelle de travailler ensemble.

Fin avril, nous étions prêts à accueillir les 11 étudiants qui souhaitaient suivre l’école de disciples. Trois garçons de la province voisine de Ratanakiri, ils sont de la minorité ethnique Tompuon, trois filles d’origine kavet, trois garçons aussi kavet et deux cambodgiens. Tous très jeunes, (en dessous de 20 ans) ils sont arrivés de leurs villages prêts pour une aventure de vie mais aussi très intimidés par la ville. Les soirs de la première semaine, je voyais ces étudiants s’asseoir sur le trottoir devant notre maison et regarder les véhicules, les gens déambuler dans la rue. Tant d’activités était une découverte.

L’un des étudiant cambodgien est en chaise roulante, souffrant d’une paralysie musculaire, ce fut un défi de l’intégrer dans notre vie quotidienne, mais quelle bénédiction de pouvoir lui offrir la possibilité d’étudier.

Quelques semaines déjà que nous partageons vie d’étude et vie communautaire. Bien sûr plein de questions, de problèmes à résoudre, mais que de joie aussi. Même si les étudiants sont jeunes, ils ont souvent été malmenés par la vie. Le manque d’espoir pour l’avenir,

2016-juillet-3encore et toujours des problèmes d’alcool dans certaines familles, quelquefois des habitudes culturelles abusives sont quelques-unes des questions auxquelles nous essayons d’apporter des solutions.

Belle expérience : nous étions à la fin de la deuxième semaine d’enseignement. Nous venions d’apprendre comment écouter la voix de Dieu et l’adorer. Pendant un temps de prière, nous étions appelés à prendre un engagement personnel pour mettre en pratique ce que nous venions d’étudier. Il y avait beaucoup d’émotion dans l’atmosphère. Le personnel aussi bien que les étudiants se levaient à tour de rôle et dans la prière s’engageaient à utiliser ce qu’ils avaient appris. Soudain un des étudiant sortant complètement du sujet, s’avança et toujours priant, se mit à confesser tous pleins d’erreur qu’il avait commis, demandant pardon. Ses pleurs se transformaient en sanglots alors qu’il priait. Dans la classe, je pouvais entendre des reniflements, chacun étant impliqué dans ce qui se passait. A un moment j’ai ouvert les yeux pour comprendre ce que je devais faire. C’est alors que j’ai vu que trois de nos collègues s’étaient approchés de l’étudiant, l’avaient pris dans leurs bras, l’entourant comme une muraille de protection et lui démontraient la compassion divine. A ce moment-là des larmes jaillirent de mon coeur, non pas à cause du drame que vivait l’étudiant, mais parce-que la réponse de mes trois collègues me révélait le chemin parcouru au travers de notre école. L’année passée, ces 3 collègues avaient reçu l’attention des enseignants, de nous, le personnel et maintenant ils étaient à même de transmettre ce qu’ils avaient appris. Dans la culture cambodgienne, les émotions sont enfouies au plus profond de la personne, en les révélant on » perd la face » donc on nie toute souffrance ou peur derrière un certain sourire figé. Voilà qui a changé pour ces cinq collègues.

Merci à chacun de votre intérêt et de votre amitié. Bel été. Bien affectueusement

Michèle