Lettre de nouvelles, octobre 2018

Les nettoyages avant l’arrivée des étudiants de l’école de disciples

Chers amis,

Jeunesse en Mission a été contactée par une organisation australienne de coiffeurs, désireuse de proposer ses services aux populations des pays en développement via une formation intensive dans leur champ d’activité : la coiffure. Il va sans dire que ce projet a retenu toute notre attention.

En effet par un transfert de compétences professionnelles, cette association permet à des familles khmeres de financer leurs besoins journaliers. Le contact fut donc rapidement établi et fin août, ce ne sont pas moins de 6 coiffeuses et 2 coiffeurs qui ont débarqué d’Australie.

Environ 60 personnes provenant des différents villages de la province ont souhaité apprendre les rudiments de la coupe de cheveux. Il fut difficile les premiers jours de trouver des volontaires qui acceptaient de jouer le rôle de modèle, tous se méfiant d’un apprenti coiffeur maladroit. Finalement la confiance installée (en fait la coupe ne se faisait que cm par cm) des résultats enthousiasmants sont apparus. Un petit kit contenant du matériel de base a été remis à chaque élève coiffeur à la fin de la semaine. Tous sont repartis dans leur village le coeur content avec l’espoir de gagner un petit revenu destiné à la famille. Un « suivi » avec complément de formation sera organisé dans 6 mois.

 

 

Comme à l’accoutumée, le début du mois de septembre constitue le temps de la rentrée pour notre mini-école de disciples. Douze étudiants encadrés de 6 formateurs ont entrepris leur formation de 2 mois. Mon rôle, cette année, s’est limité à former Elise, nouvelle collègue américaine, dans les rudiments de l’organisation administrative.

 

 

 

 

La conférence de JEM (près de 4000 jemiens, du monde à perte de vue !) s’est déroulée parallèlement début septembre en Thailande. Ce furent des temps de réjouissance, de réflexion, de retrouvailles mais aussi un temps de prise de conscience spirituelle de ce qui se joue dans les différentes parties du monde. Un des points forts pour moi fut le moment où Loren et Darlene, les fondateurs de JEM, ont confirmé la place importante que chaque génération occupe dans l’organisation. Des arrières grands parents aux petits-enfants, chacun joue un rôle et c’est en tant que famille que Jeunesse en mission veut continuer à fonctionner.

Le second point qui m’a interpellé est la vision que Loren a reçue de nombreuses années auparavant :  une Bible dans chaque famille et son affirmation « nous pouvons maintenant mettre un terme au manque de Bibles dans le monde ». Loren démontre combien au cours des siècles, la Bible ou l’absence de Bible, a transformé les nations et la société. Aux Etats-Unis, par exemple, avant les années 1960 les écoles avaient chaque jour, un temps de prière et de lecture de la Bible. En 1962, le Congrès a aboli cette tradition. La drogue, l’alcool, la violence des gangs, les fusillades ont remplacé la prière et la lecture de la Parole.

La réponse à la question : pourquoi une Bible dans chaque famile, se découvre à la fin de L’Evangile de Matthieu «Allez faîtes de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du St Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit».  En somme un projet exaltant, mobilisateur et lorsque je pense au district de Siempang, où la population est tellement ouverte à la foi, où tant de jeunes ont suivi une école de disciples, j’imagine que faire de cet objectif une priorité pour l’année à venir est un juste et bon défi pour moi.

 

 

 

En attendant de prochaines nouvelles, pour chacun d’entre vous, qui vivez en Europe, je souhaite que votre cœur s’émerveille des magnifiques journées automnales avec ses couleurs chatoyantes et chaudes dont le souvenir me tient près de vous.

Mes affectueuses pensées,

Michèle

 

 

 

 

Lettre de nouvelles, juillet 2018

Chers Amis,

Le prélude de la saison des pluies apparaît chez nous et pour vous c’est la saison de l’été, des vacances. Je souhaite à chacun un bel été plein de soleil et de détente.

Fin avril les formations de moniteurs d’école du dimanche dans le district de Siempang (éloigné de 100 km de Stung Treng) ont pris fin et je suis revenue dans la ville provinciale. Je garde un magnifique souvenir de ces premiers mois de l’année où j’ai vécu tant d’imprévus, de joies et d’amitiés partagées.

Au mois de mai, à l’occasion de l’anniversaire du roi Norodom Sihamoni, un décret a notifié trois jours de congé officiel : l’occasion pour le centre de jeunesse de Stung Treng d’organiser un camp jeunesse proposant diverses activités : Méditations, réflexions personnelles, partages en petits groupes, enseignements, jeux qui ont permis aux 160 participants, venus de toute la province, de vivre trois jours d’aventures. Les enseignants (des pasteurs remplis de sagesse) arrivés de Phnom Penh et de Battambang ont su défier le système de pensées traditionnelles de ces jeunes. Ils ont su les écouter, les encourager, les stimuler, prier et tous sont repartis avec un seul regret : ce fut hélas trop court !

Piseth, le jeune comptable de notre organisation, vient de s’engager dans une école de disciples pour une durée de 6 mois, à Battambang. Trouver un remplaçant s’avérait compliqué. J’’ai alors proposé mes services. Rapidement initiée aux rudiments de la comptabilité me voici, à mi-temps, « facturière » de bureau. 50 ans auparavant, avant de suivre une école d’infirmière, j’avais suivi un apprentissage de commerce. Comme il est intéressant de voir que l’on revient quelquefois sur les traces de son passé !

Nous avons le projet, cette année, d’ouvrir une fois encore une mini-école de disciples. Elle ne durera que deux mois pour permettre à des étudiants du collège de suivre ces cours (ils ont deux mois de vacances à cette période). Ils pourront ainsi apprendre comment vivre au quotidien leur foi chrétienne et découvrir les valeurs et les obligations qui accompagnent la décision de suivre le Christ.

L’année dernière, je vous confiais que mon implication dans les écoles de disciples semblait arriver à son terme. Ce fut donc avec reconnaissance que j’appris en début d’année qu’un couple missionnaire, travaillant pour une autre organisation, souhaitait s’impliquer dans nos écoles de disciples. J’ai prévu d’initier ce couple durant cette école afin de passer le flambeau, ce qui me libérera de ce ministère.

Les mois défilent, les activités se structurent et c’est avec reconnaissance que je considère qu’entre les mains du Tout Puissant tout est bien.

A chacun mes amitiés.

Michèle

Stung Treng, juillet 2018

Lettre de nouvelles Mars 2018

Fidèles Ami(e)s de Jeunesse en Mission au Cambodge,

Une pluie « surprise », inattendue à écourté notre nuit ! On la nomme « la pluie des mangues ». Alors que la saison sèche bat son plein régime (À Siempang, la température frôle 40 degrés certaines fin de journées), les nuages à leur tour (bienfaisants) ont aussi disparu de notre horizon.

Alors que mes sœurs m’ont rejointe à Siempang pour deux mois, la maison s’est remplie de leur bonne humeur et de leur esprit de service.

Les activités se sont poursuivies : Trois formations de moniteurs/monitrices de groupes d’enfants ont réuni des jeunes motivés par un grand désir : apprendre et transmettre !

Tout d’abord trois jeunes (deux filles et un garçon) âgés de 15 à 17 ans (scolarisés) sont arrivés un vendredi de février. Choisis, désignés dans leur village par leur grand-père chrétien (responsable d’une église locale) pour suivre cette formation, ils sont venus étudier pour la première fois les histoires de la Bible ! Ce fut fort intéressant de suivre leur cheminement. Non chrétiens à leur arrivée, ils ont découvert au travers de cette session la Bible, appris par coeur de nombreuses histoires de l’Ancien Testament (depuis la création), et parvenus au Nouveau Testament, ont compris le salut au travers de la vie de Jesus-Christ, son message, sa mort, la Croix. Ces jeunes ont donné leur vie à Jésus, prié pour leur salut. Quelle joie de les voir repartir dans leur village avec un bagage à retransmettre aux enfants : l’Evangile.

Nous les avons visité à Kanchanko, quelques semaines plus tard et avons été impressionnées, mes sœurs et moi, par le dynamisme, la bonne organisation des rencontres et la joie des 30 enfants réunis … sur une remorque de tracteur ! Des chants sont appris, des histoires sont présentées, des jeux permettent d’intégrer le message apporté et quelques grands-mères ont rejoint la réunion, discrètes, intéressées.

Les deux autres sessions ont réuni du lundi au vendredi 5 Khmers et 12 Kavets (ethnie présente dans la province), tous motivés par un grand intérêt d’apprendre. La première rencontre a permis d’étudier les leçons de l’ancien testament, la deuxième était réservée pour les histoires du nouveau testament. Ces jeunes chrétiens (plusieurs ont suivi une école de disciples à Stung Treng) nous ont impressionnées par leur motivation ! Les longues journées de travail (7h à 21h) se déroulent dans un enthousiasme général : étude de la Bible, prière, temps de louange, jeux. Les travaux pratiques quand à eux permettent un autre genre de formation: le service à la communauté. Dans ce groupe, plusieurs ne savent ni lire ni écrire. Pour eux l’enseignement a donc été dispensé de manière différente : les textes de l’Ancien et du nouveau Testament sont appris par coeur. Ils colorient des dessins pour mémoriser les histoires. Une enseignante prend soin de leur inculquer les principes bibliques. Au cours de cette formation l’on remarque combien cette jeunesse est empreinte des signes du Royaume de Dieu : joie, dévouement, esprit de service, bienveillance, don de soi, honnêteté). Vidéos et films rendent également les cours plus vivants.

Trois jeunes chrétiens qui ont suivi des écoles de disciples à Stung Treng ont pu intégrer la semaine dernière un cycle de formation professionnelle. Deux jeunes apprennent la mécanique motos et un troisième la couture. C’est un véritable défi à relever pour chacun d’eux, un changement de vie pour toute la famille. Dans les villages retirés des campagnes, un fils garde la mentalité des ancêtres et n’a guère de perspectives d’avenir s’il ne se forme pas. JEM voudrait encourager des jeunes à suivre un parcours scolaire et une formation professionnelle.

Un désir que je portais sur mon coeur depuis plusieurs semaines était de visiter des femmes chrétiennes dans des villages éloignés de Siempang pour leur apporter soutien, encouragement, écoute : accompagnée de Danielle et Josette, nous avons parcouru différents villages, en voiture ou en traversant le fleuve … Quelle joie de rencontrer des personnes âgées, isolées parfois mais tellement reconnaissantes de notre passage.

La visite de mes sœurs a changé le « paysage » de ma maison et du jardin. Danielle s’est adonnée à façonner le jardin, à tailler les arbustes, arrosant deux fois par jour. Elle a aussi agencé de gros pneus en jardinets … Une partie de la logistique des formations était assurée par leurs soins (préparation du matériel en amont, achats au quotidien), cuisine parfois.

Le grand portail d’entrée a été entièrement « relooké », repeint sous un soleil brûlant ! Au rez-de-chaussée de la maison, la cuisine, le bureau et la salle d’eau ont été lessivés du sol au plafond. Au 1er étage, peintures et lazures ont redonné un joli aspect aux boiseries et à certains meubles. Tous les objectifs ont été atteints avec gratitude.

Ces lignes vous parviennent d’un site paradisiaque au sud du Cambodge. Pour parachever le voyage de mes sœurs, nous avons choisi de découvrir la plage de sable blanc et fin de Sihanoukville : une fin d’aventure inoubliable avant de se quitter pour de longs mois.

Nos pensées très amicales et chaleureuses.

Michèle, Josette et Danielle