Lettre de nouvelles Janvier 2017
Chers amis,
Au seuil de 2017 je m’empresse de vous adresser mes meilleurs voeux. Que cette nouvelle année soit riche en bénédictions et en découvertes. Que le Tout Puissant guide vos vies et vos décisions.
Un brin de temps libre en novembre m’a permis de découvrir le Laos, pays frontière avec la province de Stung Treng où je vis. En dépit de quelques brèves périodes d’indépendance le Laos a été le plus souvent assujetti à des voisins puissants, en particulier le Siam et le Vietnam. Le Laos aussi connu sous le nom de « pays du million d’éléphants » vit encore au rythme des traditions. La vie rurale a conservé une simplicité rafraichissante et Ventiane, la capitale vit au tempo d’une surprenante nonchalance.


Luang Prabang, ancienne capitale royale séduit par son charme irrésistible. La fréquentation touristique est aujourd’hui telle que dans certains quartiers les pensions, restaurants, boutiques et galeries d’art sont plus nombreux que les habitations. La myriade de temples explique l’importante population des moines. Au petit matin, drapés de leur robe orange, ils quêtent leur nourriture quotidienne. Classée au patrimoine de l’UNESCO, cette petite ville invite à la balade. Les alentours sont riches de grottes, de chutes d’eau, de collines calcaires, de forêts denses.

Un arrêt à Phonsavan aussi appelé Xieng Khuang m’a fait découvrir la plaine des jarres. Les gigantesques récipients et les mystérieux mégalithes de Hintang témoignent d’une civilisation développée à l’âge du fer, étonnamment méconnue. Cette région du Laos, au cours de la guerre du Vietnam, a été lourdement bombardée et aujourd’hui encore de nombreux engins non explosés la rende dangereuse. Les sentiers touristiques sont heureusement clairement balisés.
A Phonsavan, ce fut aussi l’occasion de visiter mon amie Sou qui travaille dans cette région.
Fin décembre, nos étudiants des écoles de disciples qui se sont déroulées en 2015 et 2016 ont été invités à Stung Treng pour 3 semaines de formation continue. Que de joie lors des retrouvailles ! A l’heure du bilan, l’on comptait les bénédictions mais bien sûr aussi quelques déceptions (en particulier de vivre dans la transparence). Beaucoup de questions parmi nos jeunes mais aussi une grande honnêteté à partager le fond de leur coeur.
Le début de l’année 2017 est marqué par le mariage de la fille de notre collègue et ami Sokun. L’école, mais aussi tous les employés de JEM et les membres de l’église étaient invités à célébrer cet heureux évènement. Malheureusement alors que la soirée s’achevait une rumeur jette la consternation : la maison de Sokun est la proie des flammes. Chacun se précipite sur les lieux et se retrouve devant la maison. En fait, le feu consume la maison d’en face : une maison tout en bois appartenant à une autre collègue. L’intensité du brasier ne laisse aucun espoir. Grâce à l’arrivée du camion des pompiers le feu est éteint petit à petit et les flammes cessent de se propager aux bâtiments voisins. Les habitants de cette maison ont tout perdu, à l’exception des habits dont chacun était vêtu et la moto qui se trouvait sur le lieu du mariage.
Cet évènement a attristé toute notre communauté et posé la douloureuse question : « pourquoi cette maison, pourquoi cette nuit-là ? ». L’origine du sinistre n’est pas encore connue.
Cela résume tellement bien notre vie : d’une part la joie d’un mariage, de l’autre la tristesse, l’angoisse de la destruction d’une maison avec toutes les pertes que cela occasionne.
En ce qui me concerne, les mois à venir sont porteurs d’un nouveau projet. En effet, je vais m’installer pour deux, voire trois mois à Siempang, le village où j’ai vécu de 1995 à 2003, situé à environ 3 heures de route de mon lieu de vie actuel. Une dizaine de villages dans le district de Siempang ont actuellement une petite communauté chrétienne. Au fil des années, les groupes de jeunesse se sont étiolés et ont disparu, faute de responsables.
La plupart des étudiants de l’école de disciples vient du district de Siempang. Je voudrais en février, avec l’aide de ces jeunes préparer un nouveau programme. En mars, j’espère que chaque église choisira deux ou trois personnes pour suivre cette formation. Des agents de jeunesse seront ainsi formés.
Comme souvent, je me laisse emporter par un optimisme naturel et il me faudra certainement ajuster mes idées de projets à la réalité de la situation. L’alphabétisation est encore pauvre dans ces villages ; apprendre des histoires bibliques et les enseigner ne sera pas facilement à la portée de chacun.
Ce nouveau défi pourtant me réjouit et combien j’ai hâte de me retrouver à Siempang.
Mon engagement de 2 ans arrive à son terme mais j’ai tellement de plaisir dans mon travail ici que je souhaite me réengager pour une nouvelle période de 2 ans.
Toutefois un retour en Suisse pour une visite de 2 mois et demi est prévu à mi-mai. Je me réjouis de vous revoir.
A chacun, j’envoie mes meilleurs messages.
Michèle
