Octobre 2025

Chers amis,

Le voyage de retour au Cambodge s’est bien déroulé et j’ai même atterri sur le nouvel aéroport international de Phnom Penh, grand, spacieux, magnifique !

Les 11 heures de voiture qui séparent la capitale de Siempang ont été avalé en une journée et c’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé mon domicile de Siempang. Les souvenirs de nos rencontres réjouissent mes journées et j’aimerais tellement vous remercier, chacun, pour l’accueil et les partages profonds qui ont animés nos retrouvailles.

Ici, La pluie bat son plein, les terrains bas sont inondés, le niveau de la rivière est à 50 cm de la berge et il faudra attendre plusieurs jours pour évaluer les dégâts. On est vraiment dans la saison des pluies !

Cette petite maison, qui normalement est une buanderie, reste attrayante malgré l’inondation

La route qui mène à Stung Treng…

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que le fleuve oserait déborder ? Il n’en est pas très loin…

Retrouver collègues et amis c’est aussi prendre connaissance des évènements qui ont habités les mois d’absence. Un évènement a particulièrement attiré mon attention et m’a attristé.

Le voisin qui souffre de troubles psychologiques

Un de mes voisins souffre de troubles mentaux depuis de nombreuses années. Il vit seul depuis la disparition de sa maman, il y a 3 ans. Normalement il déambule toute la journée, entrant dans les petits magasins se servant de marchandises, ne pouvant souvent pas payer. Il ne veut pas prendre les médicaments qui pourraient aider la gestion de sa maladie et dernièrement avec l’effet de l’alcool, il a eu des gestes violents avec des voisins. La police a été appelée et finalement ses frères et sœurs qui habitent à l’autre bout du village ont dû prendre la décision de l’enchaîner à la maison. Tous les jours quelqu’un vient lui apporter de la nourriture et de l’eau.

Alors qu’il m’appelait quand je passais sur la rue, d’abord, je craignais de m’approcher mais la situation semblait tellement triste que j’ai franchi les quelques mètres qui nous séparaient. Je l’ai trouvé calme, gentil, répondant plus ou moins avec bon sens aux questions que je lui posais. Je ne sais quel est son avenir, ni combien de temps il sera privé de liberté. Quelle situation difficile pour chacun, les voisins, la famille !

Dans les villages éloignés des grands centres, pas d’hôpitaux psychiatriques, il ne reste donc que la solution d’enchaîner les malades à la maison ! Ce n’est pas la première fois que je vois cette situation mais à chaque fois je pense que l’on est de retour au moyen-âge et cela laisse un arrière-goût d’impuissance et de détresse.

J’espère que ces lignes vous trouveront en bonne santé avec des projets plein le cœur.

A chacun, mes affectueuses pensées et encore toute ma reconnaissance.

Michèle