Lettre de nouvelles, Janvier 2020

Bien chers Amis,
A l’aube de cette nouvelle année je vous présente mes meilleurs voeux pour 2020. Que joie et paix habitent chacune de nos vies et de nos relations tout au long des douze mois à venir.
Nouvel-An, le temps d’échanger des voeux mais aussi temps d’évaluer, de mesurer ce qui a été vécu et accompli. Il serait exhaustif de parler de tout ce qui s’est passé ici au Cambodge ; en voici donc juste un reflet.

Mes derniers courriers parlaient souvent des jeunes qui ont suivi une école de disciples et avec qui je souhaitais garder contact.
Ainsi Magn après avoir travaillé dans un garage de motos est revenu dans son village et a ouvert son propre atelier de réparation de motos. Accomplissement réjouissant avec le risque de retrouver les copains d’autrefois et de renouer avec l’abus d’alcool. La gestion de son atelier nécessitait également un petit coup de main. Aussi ai-je été très touchée quand Magn a souhaité des rencontres afin de parler et trouver des solutions à ses besoins. Dernièrement Magn me faisait part de ses projets d’agrandir son atelier, peut-être même d’engager un ouvrier… Il veut aller de l’avant. Quel encouragement.
Young et Ret, devenus instituteurs de village, font leurs premières « armes » dans l’enseignement. Hier, Ret me disait que les élèves de 2ème année dans sa classe ne connaissaient pas l’alphabet, donc ne pouvaient pas lire. Aux dires des enfants, l’instituteur de l’an passé criait et frappait souvent les élèves qui par crainte n’allaient pas régulièrement en classe. Ret m’expliquait alors sa façon d’enseigner : « je commence la journée en racontant une histoire, quand les enfants sont fatigués, je fais un jeu, si un enfant dérange ou n’obéit pas, je le fais se tenir debout quelques minutes, etc. Les enfants apprécient ces nouvelles méthodes et la fréquentation est bonne. Toutes les leçons apprises à l’école de disciples sont utiles. Young et Ret recevront leur premier salaire en avril prochain. En attendant, ils doivent manger et mettre de l’essence dans leur moto. Mon rôle de soutien à leur égard est donc maintenu et me permet aussi de garder le contact.
Sovana et Navon étudient en classe de 10ème ici à Siempang. L’anglais est une langue difficile et ils aiment venir 3 à 4 fois par semaine pour réviser ou pratiquer de la conversation. Ils viennent avec leurs amis, ce qui rend les cours intéressants.
C’est une grande joie de recevoir ces jeunes chez moi et ce rôle de mère spirituelle me convient à merveille.

Noël a été célébré à des dates différentes par huit églises de villages dans le district de Siempang. Les célébrations ont été simples, agrémentées parfois de sketches ou de chorégraphies pratiquées par les groupes de jeunes. Un repas simple terminait la cérémonie. J’ai été réjouie de voir que l’on s’est beaucoup visité et rencontré durant ces fêtes de Noël. Les anciens, les groupes de jeunes allaient d’un village à l’autre, aidant, prêchant, faisant connaissance. Chaque rencontre était empreinte d’amour fraternel ; qu’il faisait bon être ensemble !
Que nous réserve 2020 ? Plein de découvertes et de surprises, certainement. En ce qui me concerne, c’est avec une grande joie que j’attends la visite de Josette et Danielle fin février. Toutes les trois nous ferons le voyage de retour car je me ferai opérer de la cataracte (des deux yeux) en Suisse.
Au plaisir de vous revoir au printemps, je vous envoie mes affectueuses pensées.
Michèle.
