Siempang, décembre 2021
Bien chers amis,
La saison des pluies se termine et avec le retour de la population dans les villages, nos activités devraient reprendre voire se développer. Mais Covid oblige rien n’est certain. Dans le district de Siempang nous avons été particulièrement protégé jusqu’à ce jour.

Jeunesse en mission dans son désir de participer à l’évolution culturelle et au développement des ethnies minoritaire dont les kavet font partie met en place différents programmes. Ainsi deux nouveaux objectifs sous la supervision de ma collègue Alli, se mettent en place.
Le premier est un atelier littéraire.
Les kavet en sortant de leur village côtoient la vie des villes, parlent davantage le cambodgien (à l’école seulement les deux premières années sont en kavet) et la richesse de la langue kavet se perd. Les histoires de village, de clan ne se racontent plus et s’effacent peu à peu des mémoires. Les chants en kavet, la musique traditionnelle se perd également. La jeunesse perd ainsi une partie de son identité.

Ce nouvel atelier réunit tous les 2 mois quelques jeunes qui apprennent la composition, l’analyse de texte, comment traduire avec précision des textes de khmer en Kavet. Ils doivent rechercher qui dans leur village sait encore les histoires du passé, faire parler ces anciens, les écouter et écrire ces histoires.
Une des histoires que l’on aime entendre est comment l’alphabet kavet a disparue. Cette histoire remonte à l’origine des temps, c’était l’époque où l’alphabet kavet était écrite sur une peau de buffalo ainsi chacun pouvait apprendre à lire. Un jour, il y a eu une inondation, la nourriture manquait partout… un chien affamé a mangé la peau de buffalo et… l’alphabet a été perdue.
Dans cet atelier on espère aussi enregistrer chants et histoires sur des puces mémoires qui seraient distribuées dans les villages afin que les gens réécoutent leur histoire.

Le deuxième objective souhaite aider les chrétiens analphabètes à apprendre des histoires de la Bible. La Bible n’est pas encore traduite en kavet, un handicap supplémentaire pour les gens analphabètes. Un cours est en préparation avec des volontaires de village pour une formation spécifique. D’abord, apprendre par cœur une histoire biblique, comprendre le contexte, savoir poser des questions pour que les personnes intéressées entrent pleinement dans l’histoire. Les volontaires traduisent oralement du khmer en kavet. Ils vont raconter ces histoires à plusieurs personnes qui pourront ensuite les raconter à d’autres. Tout un programme qui défie nos limites en personnel… mais qui réjouit ceux qui y adhèrent.
A chacun de bonnes fêtes de Noël en dépit des circonstances et mes vœux pour une année 2022 plus sereine.
Michèle
